Liberté, égalité, géolocaliser ...
La récente directive de la CNIL adoptée sur le sujet de la géolocalisation par GPS de véhicules professionnels a fait couler beaucoup d’encre. Sujet presque ésotérique, la localisation des personnels d’une entreprise sur le terrain relève d’une vieille croyance selon laquelle la technologie n’aurait d’autres objectifs que ceux de policer et de surveiller ; la récente couverture médiatique de la recommandation de la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés ne semble prêter aux entreprises que le désir d’épier leurs salariés pour traquer la faute, et omet souvent de rappeler les fondamentaux qui sous-tendent de telles pratiques. Il me semble avant tout nécessaire de rappeler qu’il ne règne pas, dans les entreprises, de climat de suspicion permanent, et que l’immense majorité des salariés est considérée comme honnête, responsable et de surcroît professionnelle.
La CNIL, à juste titre, a jugé bon d’établir une recommandation relative à la mise en œuvre de dispositifs destinés à géolocaliser les véhicules automobiles utilisés par les employés d’un organisme, qu’il soit privé ou public. Celle-ci liste avec force détails et exemples les droits et les devoirs [des employeurs] en matière de géolocalisation des employés par un dispositif de suivi GSM/GPS. Pour synthétiser, elle argue du fait que dans la mesure où les données collectées sont relatives à un employé identifié, ces systèmes constituent un traitement des données à caractère personnel. Elle liste également le cadre dans lequel les systèmes présentent un réel bénéfice. Ce que nous constatons - et déplorons - ici n’est pas cette directive, bien au contraire, mais le fait que dans son traitement par la presse, elle ne soit correctement replacée dans un contexte d’évolution que ces technologies peuvent servir.
Il n’est en effet nulle part dans ces articles fait état du bien fondé des technologies de localisation, qui permettent souvent, au-delà de la réalisation d’économies substantielles, d’alternativement diminuer l’erreur humaine, économiser de l’énergie, du temps, voire même dans certains cas sauver des vies ! L’objectif de la géolocalisation, concept nouveau rendu concret par l’émergence de technologies extrêmement avancées, est aussi de servir la satisfaction des salariés en organisant mieux leur travail, grâce à une optimisation des processus. Parallèlement, la vocation du tracking est de mettre en lumière les erreurs d’organisation, courantes et coûteuses, et de permettre aux professionnels de jouer la carte du temps réel, cruciale dans le traitement des urgences.
La France s’est toujours placée comme un pays fortement impliqué dans le respect des libertés individuelles, il va sans dire que nous nous félicitons de ce postulat. Cependant, proposer un arrêté sans montrer au public les avantages corollaires nous paraîtrait équivaloir à jouer une partie de ping-pong dans laquelle seul un joueur dispose d’une raquette...
Le suivi de véhicules seul est absolument insuffisant et ne saurait entrer en tant que tel dans la stratégie d’une entreprise. Je souhaiterais rapidement dresser un état des principaux bénéfices de la géolocalisation, sans lequel cette recommandation de la CNIL ne me paraît pas lisible. J’insiste au préalable sur un principe incontournable de l’adoption de tout nouveau processus au sein d’une entreprise, qu’il implique ou non la mise en place de technologies : les moyens mis en œuvre pour servir une stratégie doivent toujours être proportionnels aux objectifs poursuivis. Lapalissade non superflue dans la mesure où, nous le voyons, le traitement de l’information qui nous concerne aujourd’hui est à sens unique.
La géolocalisation prend tout son sens et tout son droit quand elle s’adosse à une minutieuse préparation des itinéraires des équipes mobiles : le couplage de l’optimisation en amont et des fonctionnalités de temps réel avec l’information de localisation assure aussi bien au salarié qu’à l’entreprise une parfaite rationalisation du travail : rationalisation des trajets, sécurité accrue, erreurs et errements évités, réduction du stress etc. ne sont que les principaux d’une multitude d’atouts engendrés par une stratégie de géolocalisation opportune. Sans parler des coûts de carburants, au sujet desquels l’actualité du moment ne peut que rendre sensible...
Au delà donc des travers mis en avant par le présent arrêté, qui peuvent exister et doivent évidemment être encadrés, il apparaît nécessaire que les meilleures pratiques et les avantages constituants de la géolocalisation soient au moins également mis en valeur pour que les personnels itinérants, dont le nombre croît chaque année, puissent accomplir sereinement leurs tâches quotidiennes, et puissent chaque jour, peut-être, rentrer plus tôt chez eux...sans oublier d’éteindre leur système de positionnement...






